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Février 2012 : à la rencontre de la Résistance Bretonne

La Résistance Bretonne


Elisabeth Renaud

Sortie du Jeudi 9 février 2012 au musée de la Résistance Bretonne à Saint-Marcel (Morbihan)


Et voilà, nouvelle année, nouvelles aventures et un calendrier bien rempli. Aujourd’hui, sous un ciel nuageux et un temps froid, nous sommes partis, une bonne vingtaine, vers un nouvel horizon et vers une leçon d’histoire de nos compatriotes bretons remontant à la période de la 2ème guerre mondiale.

Le restaurant du Maquis nous a chaleureusement accueillis et chouchoutés : une petite organisatrice, ne se sentant pas à la bonne hauteur, a même eu droit à un coussin sur sa chaise, pour y remédier !!

St Marcel (dans les Landes de Lanvaux) Remontons le temps : la région de St Marcel (dans les Landes de Lanvaux) a abrité le plus grand maquis breton, où s’est déroulé le 18 Juin 1944, un combat mémorable de l’histoire de la France et de la Bretagne. Avant même que les alliés ne débarquent en Normandie, les parachutistes de la France Libre étaient largués sur la Bretagne et, dans les jours qui suivirent à St Marcel, où se rassemblaient 2.500 Bretons (dont 200 parachutistes du S.A.S.). St Marcel est l’une des premières régions de France reconnue pour son héroïsme et ses sacrifices.

Le musée de la Résistance, que nous allons visiter, est construit dans un parc boisé de 6 hectares, sur les lieux mêmes des combats, et perpétue le souvenir de cette armée de l’ombre qui avait refusé le joug de l’occupant nazi. Il fait découvrir la vie et l’engagement des Bretons durant la 2ème guerre.

Il comprend 5 grandes sections : les débuts de la guerre – l’occupation – la résistance organisée – la bataille de St Marcel – la libération et enfin l’histoire des parachutistes S.A.S. de la France Libre (S.A.S. Special Air Service).

reconstitutions grandeur nature Dans les dédales des 6 salles, nous rencontrons des reconstitutions grandeur nature : une rue sous l’occupation, l’intérieur d’un restaurant, d’un blockhaus, des parachutistes, des soldats, etc. Nous avons même la surprise de pouvoir survoler la région de Lorient à 8.000 mètres d’altitude et à 300 km/h au poste « mitrailleur de queue » d’un Boeing B17.

Un peu d’histoire : le maquis St Marcel a été créé en Février 1943 pour recevoir des parachutages d’armes. En Mai, ces derniers sont suspendus, après quelques ratés, pour ne pas attirer l’attention de l’occupant. En Mars 1944, plusieurs arrestations désorganisèrent la résistance locale.

Dans la nuit du 5 au 6 Juin 1944, deux sticks (1 stick est un groupe de 9 à 10 hommes) du 4ème Bataillon d’Infanterie de l’Air S.A.S. français sont parachutés dans le cadre de l’opération Dingson près de Plumelec, à 15 kms de Saint-Marcel. 18 autres S.A.S sont parachutés dans les Côtes d’Armor (forêt de Duault) pour renseigner le haut commandement, s’assurer de la capacité de la résistance locale, préparer l’arrivée d’autres missions et également ralentir la remontée des forces d’occupation vers la Normandie.

Plumelec Le 6 juin, à Plumelec, le parachutage de 9 S.A.S. est repéré depuis un moulin servant d’observatoire allemand, l’alerte est donnée et le combat s’engage. Le village de St Marcel sera pillé et brûlé, 40 personnes seront tuées et d’autres déportées. Ce jour là, le lieutenant parachutiste Pierre Marienne (1908-1944) galvanisa les combattants. Il mitraillait les Allemands d’une jeep en intervenant dans les secteurs menacés. Blessé à la tête et couvert d’un bandeau de parachute blanc teinté de sang, il y gagna son surnom : le « lion » de St Marcel.

Après avoir établi une base à St Marcel et mené une campagne de guérilla, assistées par les résistants de la région, les équipes sur place sont rejointes par plusieurs centaines d’autres S.A.S, qui continuent le travail commencé. Le 18 Juin 1944 le village de St Marcel est entre les mains des Allemands. Le 2ème régiment de chasseurs parachutistes (S.A.S. soldats français) commandé par le commandant Pierre Bourgoin, résiste avec courage et détermination, mais évacue la base dans la nuit. Les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) encadrées y prennent part et subissent de sérieuses pertes.

Des femmes, des hommes, dès 1942, s’étaient organisés, structurés. Des fermiers, boulangers, bouchers abritaient, transportaient messages, armes, munitions, nourriture pour que le Réseau soit soutenu dans son action. Tout le monde, toute la structure familiale agissait. Du facteur à la receveuse Du facteur dont la sacoche ne comportait pas que des lettres… à la receveuse qui dormait sur des sacs postaux pour laisser son lit à ces combattants de l’ombre. Tout le monde savait, tout le monde agissait, de l’instituteur aux élèves, personne ne parlait. Ils ont agi pendant des années dans l’ombre, à la barbe de 150.000 soldats occupants. Le débarquement n’aurait jamais pu se dérouler si ces combattants de l’ombre, appuyés par le parachutage de la 2ème compagnie (environ 450 hommes), n’avaient pas inlassablement harcelé l’ennemi par une multitude de petites actions qui freinaient, voire paralysaient l’occupant dans son action. Les femmes qui participaient à cette rencontre étaient bien plus loquaces que les hommes, petites fourmis infatigables, elles semblaient moins vulnérables que les hommes aux yeux de l’ennemi.

Les missions de la résistance bretonne, dans le cadre du débarquement allié, se décomposent ainsi :

  • Plan vert : sabotage des voies de communications (ferroviaires et routières, en un maximum de points, qui doit ralentir l’acheminement des renforts allemands vers le front de Normandie.

  • Plan violet : coupure de lignes de télécommunications souterraines et aériennes.

  • Plan bleu : sabotage de lignes électriques.

  • Plan rouge : opération de guérilla.

Les dés sont sur le tapis Le 4 Juin 1944, la B.B.C. lance un message à l’intention de la résistance : « Les dés sont sur le tapis », annonçant l’imminence du débarquement et l’exécution immédiate des plans vert, violet et bleu.

Au Nord de la ferme de la Nouette, une prairie avait attiré l’attention de 2 chefs de groupe pour y organiser un terrain de parachutage. Ce terrain fut homologué, en Mai 1943, sous le nom de code « Baleine ». Ce terrain sera gardé secret jusqu’au jour du débarquement pour y effectuer de gros parachutages d’armes et d’unité aéroportées afin de ralentir la progression des renforts allemands vers la Normandie. La Nouette devient le point de ralliement des parachutistes S.A.S. et des F.F.I. du Morbihan.

Des groupes arrivent de partout (Redon, Vannes, Pontivy, voire de Lorient et Rennes). Leurs souliers sont troués, beaucoup portent des sabots et vont et viennent, fébrilement, dans des tenues des plus étonnantes. Ces « va-nu-pieds superbes » brûlent du désir de se battre. Il faut nourrir tout ce monde. Aussi, on installe une boucherie, une cuisine et une boulangerie. Il faut aller chercher, quotidiennement, 20 barriques d’eau potable dans les fermes alentour. Des paysans se succèdent toute la journée amenant au camp du bétail, des légumes, du cidre, etc. Des groupes électrogènes sont mis en place pour charger les batteries des postes radio ainsi qu’un atelier de réparations automobiles.

18 Juin Le 18 Juin la situation devient intenable pour les maquisards, des combats acharnés se déroulent au pistolet mitrailleur, à la grenade et au couteau. Beaucoup de personnes sont tuées, blessées des 2 côtés.

Le combat du maquis de St Marcel eut un énorme retentissement dans toute la Bretagne occupée. C’était la 1ère fois que l’armée allemande était tenue en échec par des jeunes combattants F.F.I., entraînés par le courage de leur chef, l’expérience et la fougue des parachutistes S.A.S. Les hommes du maquis savaient, désormais, que la puissante Wehrmacht n’était pas invincible.

Le musée de St Marcel évoque très bien le célèbre maquis où des milliers de résistants et de Français libres se sont rassemblés entre le 6 Juin et le 18 Juin 1944, résistants et parachutistes S.A.S. de la France Libre, combattants courageux.

Ide ces résistants de la dernière heure ».

Mur de l’Atlantique La visite, ainsi qu’une belle leçon d’histoire, prend fin. En attendant que tout le monde soit remonté dans le bus, une personne de l’équipe est repartie en courant. Etait-ce pour voir le gros matériel : canons, véhicules militaires, l’intérieur d’un chantier du Mur de l’Atlantique, télémètre blindé de 15 tonnes… entreposés sur le vaste terrain entourant le musée ? Le temps froid et maussade nous a, en effet, privés de cette visite extérieure.

Ce fut, encore une fois, une journée formidable où la bonne humeur était au rendez-vous malgré l’absence du soleil. A bientôt pour de nouvelles aventures.